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Sécurité incendie en ERP : quels risques pénaux pour les dirigeants ?

Temps de lecture : 6 minutes

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La sécurité incendie en ERP (Établissements Recevant du Public) est souvent perçue
comme une histoire de matériel, de normes et de contrôle technique.

En réalité, c’est d’abord un sujet juridique et organisationnel, qui peut engager directement la responsabilité pénale du dirigeant, du chef d’établissement ou du DGS.

Les obligations sont inscrites dans les articles R4227-1 à R4227-57 du Code du travail, et elles concernent tous les ERP, du plus petit au plus complexe.

Quelle étendue du risque pénal pour les collectivités territoriales ...


Au programme :

  1. Une responsabilité personnelle, directe et permanente
  2. Les obligations légales expliquées simplement
  3. Les négligences les plus fréquentes
  4. En cas de sinistre : comment se déroule l’enquête
  5. Les chefs d’inculpation possibles
  6. La seule protection : une organisation rigoureuse


Une responsabilité personnelles, directe et permanente

Un dirigeant d’ERP est responsable de trois choses essentielles :

  • la conformité du bâtiment,
  • la sécurité du public,
  • la capacité de l’établissement à réagir en cas d’incendie.


Les obligations légales expliquées simplement

Ces obligations sont celles qui, en cas de contrôle ou de sinistre, seront scrutées une par une.

1. Afficher des consignes de sécurité compréhensibles

Les consignes doivent être visibles, simples, accessibles.

📜 Ce que dit la réglementation

Article R4227-37 : obligation d’afficher les consignes dans les zones stratégiques.
🔗 Article R4227-37 – Code du travail – Légifrance

Ce que doivent contenir les consignes
Article R4227-38 : qui déclenche l’alarme, qui guide l’évacuation, où se trouve le matériel d’extinction, etc.
🔗 Article R4227-38 – Code du travail – Légifrance



2. Organiser des exercices d’évacuation réguliers

Ce sont des entraînements obligatoires, et non facultatifs.



3. Tenir un registre de sécurité complet et à jour

C’est le document que les enquêteurs demandent en premier.

Il doit contenir :

  • les vérifications du matériel,
  • les comptes rendus d’exercices,
  • les travaux réalisés,
  • les observations du personnel,
  • les incidents, même mineurs,
  • les permis de feu,
  • les interventions d’entreprises externes.

📜 Ce que dit la réglementation
Article R4227-39 (2ᵉ partie) : obligation de consignation.
🔗 Article R4227-39 – Code du travail – Légifrance


4. Maintenir les installations en parfait état de fonctionnement

La loi ne parle pas que du matériel, mais de son état réel.

Sont concernés :

  • désenfumage,
  • BAES / éclairage de sécurité,
  • alarmes,
  • extincteurs,
  • portes coupe-feu,
  • systèmes d’alarme et de détection.
📜 Ce que dit la réglementation
Article R4227-28 : l’employeur doit prendre “toutes les mesures pour combattre immédiatement un début d’incendie”.
🔗 Article R4227-28 – Code du travail – Légifrance

💡 Autrement dit : un extincteur ou un BAES non fonctionnel = un risque pénal.


Les négligences les plus fréquentes

Même dans de grands ERP, on observe souvent :

  • Registre mis à jour uniquement “avant la commission”
  • Travaux sans permis de feu 🧨
  • BAES ou désenfumage non vérifiés depuis des mois
  • Consignes obsolètes (voire contradictoires !)
  • Incidents non déclarés (“on a géré nous-mêmes…”)
  • Plan communal de sauvegarde (PCS) inconnu de la direction
  • Consignes jamais testées en réel avec le personnel

Ces négligences sont les premières causes de mise en cause pénale.

En cas de sinistre : comment se déroule l’enquête ?

Les enquêteurs ne cherchent pas d’abord ce qui a brûlé, mais ce qui n’a pas été fait.

Ils posent systématiquement trois questions :

1️⃣ Qui savait ?
Informations, alertes internes, constats techniques, signalements ignorés.

2️⃣ Qui a laissé faire ?
Chaîne hiérarchique, délégations floues, absence de contrôle.

3️⃣ Qui aurait dû anticiper ?
Organisation jugée insuffisante, absence de procédures, manque d’actions préventives.

Les chefs d’inculpation possibles

Un dirigeant peut être poursuivi pour :

  • Mise en danger délibérée de la vie d’autrui (art. 223-1 du Code pénal)
  • Non-respect du règlement de sécurité incendie
  • Atteinte involontaire à l’intégrité physique
  • Absence de mesures adaptées face à un risque connu

Les peines peuvent aller jusqu’à :

  • amendes lourdes,
  • interdictions d’exercer,
  • responsabilité civile personnelle,
  • dans les cas graves : peine d’emprisonnement.

La seule protection : une organisation rigoureuse

Voici les leviers concrets d’un dirigeant :

👉 Une organisation solide = la seule défense recevable en cas de sinistre.

🧩 Thème 🔍 Ce que cela implique
Une organisation claire • Délégations écrites, précises et réalistes
• Responsabilités identifiées
• Remontées d’information structurées
Une coordination active • Réunions régulières avec SSIAP / prévention
• Planification annuelle des vérifications
• Suivi des anomalies et des travaux
Des preuves tangibles • Registre de sécurité sérieux
• Rapports archivés
• Traçabilité des actions• Suivi des formations
Une vraie culture sécurité • Formation continue
• Exercices réguliers
• Personnel impliqué
• Direction visible et engagée


Conclusion

En ERP, la sécurité incendie n’est pas une formalité : c’est une responsabilité directe de la direction. Avec une organisation simple, des contrôles réguliers et un registre tenu sérieusement, vous réduisez les risques… et vous vous protégez pénalement.

👉 La clé : anticiper plutôt que réparer. Une sécurité bien gérée sauve des vies et évite des sanctions.

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FAQ

La direction peut-elle être responsable même en n’étant pas sur place ?

Oui. La responsabilité est liée à l’organisation, pas à la présence physique.

Le SSIAP peut-il porter seul la responsabilité ?

Non. Le SSIAP exécute, mais la direction décide.

Une fermeture administrative est-elle possible ?

Oui, en cas de manquement grave, la commission peut fermer l’établissement.

Le registre de sécurité est-il vraiment indispensable ?

C’est souvent la pièce maîtresse d’une enquête.

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